Rencontres & Confidences: Morwenna adoptée au Guatemala

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Hello ! Je suis très contente de pouvoir enfin vous présenter cet article. J’ai eu le grand plaisir de rencontrer Morwenna, 25 ans, guatémaltèque (ce qui veut dire qu’elle vient du Guatemala !). C’est une jeune femme très gentille, douce et attachante. Lorsque je l’ai rencontrée j’ai très vite su qu’elle a été adoptée. C’est alors que beaucoup de questions me sont venues… J’ai décidé de lui poser toutes ces interrogations autour d’un thé et de vous les retranscrire. Nous avons échangé pendant plus d’une heure ce qui veut dire une heure d’enregistrement. J’ai fais au mieux pour que ses propos soient les plus fidèles possible et que ça ne soit pas trop long.  J’espère sincèrement que ce format vous plaira, n’hésitez pas à mettre un petit commentaire si ça vous a plu pour que je fasse d’autres interviews. (J’ai un tas d’idées de personnes à interroger !) Et bien sûr un immense merci à Morwenna pour avoir été aussi sincère et de m’avoir fait confiance…

C’est parti pour la première Rencontres & Confidences avec Morwenna adoptée au Guatemala

 

Quel âge avais-tu lorsque tu as été adoptée ?

Je devais avoir entre 2 et 3 mois je crois, j’étais vraiment toute petite.

Et comment ça s’est passé ? On t’a raconté je suppose ?

Oui alors en fait moi j’étais en nourrice, due à l’adoption de ma sœur, mes parents n’ont pas voulu savoir qui étaient mes parents biologiques. J’ai une grande sœur Péruvienne. D’un côté ça les arrangeait de ne pas connaître mon histoire…

Qu’est-ce que ça veut dire être en nourrice ?

En gros ça veut dire que je n’étais pas en orphelinat, j’étais chez une nourrice et en fait j’ai été proposée à l’adoption.

Sais-tu où au Guatemala ?

Oui je suis née dans la capitale à Guatemala Ciudad. C’est ce qui est écrit sur ma carte d’identité.

Tes parents sont venus te chercher au Guatemala ?

Pour moi oui ils sont venus, en gros ils ont fait un voyage au Guatemala quand ils étaient jeunes et ils avaient beaucoup aimé. Ils voulaient adopter du coup ils ont eu dans l’idée de le faire dans ces pays-là.

Ce qui est marrant c’est qu’à l’époque ça allait beaucoup plus vite que maintenant. Maintenant il y a plein de pays qui ferment l’adoption externe, ils privilégient les adoptions internes. C’était plus facile à l’époque de mes parents sans internet ou quoi, il fallait aller directement dans le pays. C’est donc ce qu’a fait mon père, il a presque tout fait tout seul, il n’est pas passé par des associations.

Quand je suis née ils ont envoyé des photos de moi et du coup ils ont dit « C’est bon c’est pour vous. Isabel (mon prénom avant) est née. Quand vous voulez vous pouvez venir chercher votre fille. » Et c’est mon Papa qui est venu seul parce que ma Maman travaillait, elle n’a pas eu de congé donc c’est mon Papa qui m’a ramené en avion.

Et tu sais pourquoi tes parents ont choisi d’adopter ?

Alors mes parents n’arrivaient pas à avoir d’enfants. Je ne sais pas lequel des deux ne pouvait pas, je crois que c’est ma mère. Elle a quand même fait des fécondations In vitro mais rien n’a pas marché.

Quel âge a ta sœur (adoptée au Pérou) ?

Elle a deux ans de plus que moi donc elle a 27 ans.

Comment tu as su que tu étais adoptée ? Petite je m’imaginais que les parents le cachaient aux enfants alors que non en fait.

Oui c’est toujours l’impression que l’on a en fait mais en fait ma sœur et moi on n’a plus vraiment de souvenir. J’ai l’impression d’avoir toujours dit que j’ai été adoptée. C’est ça qui est bizarre, je ne me souviens pas, peut-être après que c’est enfoui mais je ne me souviens plus du tout de la conversation, de comment ils nous l’ont annoncé, ni à quel âge… Toute petite j’ai su que j’étais adoptée. C’était évident.

Je pense que ça a été de manière général, mes parents sont comme ça, surtout que mon père est psychologue il sait comment gérer ça. Il a dû me dire tu as été adoptée, voici ton histoire… Mais avec des mots d’enfant tu vois mais je n’ai vraiment pas de souvenirs du tout, du tout…

 

 

 

Ça doit vraiment faire bizarre d’apprendre ça quand t’as un âge assez conscient.
Au sujet de ta sœur, pour vous deux ça a été rassurant d’avoir quelqu’un qui comprend mieux l’autre ?

Oui et non. En fait quand je suis arrivée, tu sais c’est souvent les histoires de jalousie et tout mais en fait moi ma sœur elle m’attendait. Mes parents lui montraient des photos de moi et elle disait « C’est ma poupée ! » et dès que je suis arrivée elle m’a tout de suite prise en fait. Ma mère blague souvent avec ça, même s’il y a une petite part de vérité là-dessus, elle m’a dit « Limite Youenna c’était ta deuxième Maman ». Et c’est vrai que c’est elle qui m’a appris à marcher à peu près alors qu’elle avait juste deux ans de plus que moi, j’étais vraiment sa poupée en fait. Donc je pense que oui pour elle ça a joué d’avoir une autre personne. Moi aussi, forcément, ça a joué parce que c’est ma grande sœur mais moi c’est plus comme si c’était ma grande sœur biologique, une relation fraternelle normal.  Alors qu’elle elle était très attentive, protectrice, très protectrice. On s’est toujours bien entendu. Bon il y a les disputes entre sœurs mais sinon voilà elle m’a toujours gâtée, toujours prise soin de moi, toujours protégée. Ça c’était impressionnant.

 

Pour les gens qui savent que vous êtes sœurs mais qui ne savent pas que vous êtes adoptées, ils trouvent que vous vous ressemblez ?

C’est marrant mais pour la généralité des gens, comme on a la même couleur, les mêmes cheveux, pour eux on est limite jumelles. Alors que moi je vois carrément la différence. Elle, elle a vraiment le visage d’Amérique du Sud et moi c’est complètement différent. On voit que l’Amérique du Sud et l’Amérique Centrale au niveau du visage c’est vraiment différent. Et en fait les gens ils font, tu sais, tout de suite le rapport « ouais vous êtes pareilles, vous êtes de la même couleur etc… » Mais nous on voit la différence on dit tout de suite mais non on ne se ressemble pas. Alors on dit qu’on ne se ressemble pas mais ça fait tout de suite bizarre quand les gens disent « Ah ouais donc ce n’est pas ta vraie sœur ». Tu sais, ça fait bizarre le terme « vraie sœur », ce mot il est un peu dur parfois, tu sais comme si ce n’était pas naturel, tu vois comme si c’était pour marquer vraiment une différence.

 

Oui je vois, moi ce n’est pas complétement pareil mais quand on dit ça de mon petit frère de 2 ans et demi, c’est mon demi-frère mais pareil quand on me dit « ha oui mais c’est pas ton vrai » mais siii ! Si on me dit c’est ton demi-frère ou pas vrai frère ça fait comme si je l’aimais un peu moins alors que non je l’aime autant que mes deux grands frères !

Et on dit ça pour tes parents ?

Euh… non pas tellement. Pas pour mes parents. Après j’ai une définition à moi, ça parait très cru mais bon… J’ai mes parents, ceux qui m’ont adopté et quand je parle de mes parents biologiques je parle de mes géniteurs. Parce que les géniteurs ce sont ceux qui donnent la vie alors que parents ça a une signification père et mère, ce sont ceux qui élèvent l’enfant.

Et les gens ne comprennent pas, ils me regardent avec des yeux choqués, ils disent  « Pourquoi tu dis ça, ce sont tes parents qui t‘ont donnés la vie! » Non mes parents se sont ceux qui m’ont élevé. Pour moi c’est comme ça. Mais ça choque les gens.

 

Et du coup tu ne sais rien d’eux du tout ?

Non j’ai toujours cru que j’avais aucune vraiment aucune info sur elle. Et mon père a gardé un classeur sur mon adoption, sur tout ce qui concerne le Guatemala. Une fois je suis allée fouiller pour m’intéresser et je suis tombée sur une sorte de lettre. Un sorte d’explication avec le nom de ma mère, Victoria Isabel C. Ça expliquait d’où elle venait mais pas trop non plus. Hormis ça non je ne sais pas du tout. Pas de nouvel de mon « géniteur », je ne sais pas s’il est mort, s’il a quitté ma génitrice. Je ne sais pas pourquoi on m’a abandonné. Soit parce qu’elle avait déjà trop d’enfants, soit parce qu’elle ne voulait pas de moi, soit parce qu’elle était trop jeune, soit parce qu’elle était forcée, je ne sais pas.

 

Ha oui, tu utilises le mot « abandonner » ?

Pour moi ce mot là ne me dérange pas en fait parce que quand je pense à mon adoption je me dis que j’ai une chance. Je pense plus à la chance qu’à l’abandon. Pour moi oui en quelque sorte j’ai été abandonnée mais pour mon bien. Vaut mieux vivre avec mes parents qui veulent de moi plutôt que de vivre soit dans la pauvreté soit avec des personnes qui ne veulent pas de moi soit tout ça en fait. Donc ce mot là ne me dérange pas trop.

 

Et petite tu y pensais beaucoup ? Tu t’imaginais ? Ça t’intriguait ?

Non, ma sœur beaucoup moi pas du tout. Même quand on me propose de retrouver mes parents… non, ce n’est pas que ça ne m’intéresse pas mais je n’en ressens pas le besoin. Ce sont des inconnus pour moi, des gens comme ça sur la terre, des gens lambda, pour l’instant je n’ai pas cette envie. Je ne me suis jamais demandée à quoi ils ressemblaient, ce qu’ils faisaient, non, ma vie elle est là.

Ça se trouve j’aurais eu une vie simple et bien mais il y a de grandes chances que non. Je suis née dans la ville la plus dangereuse du monde, j’aurais vécu dans la pauvreté à 85%, j’aurais eu une vie beaucoup beaucoup moins heureuse.

 

[…]
A ce moment Morwenna m’a raconté une très (très..) belle histoire au sujet de sa sœur. Je vais consacrer cette partie qui m’a particulièrement émue pour un autre article à part entière.
[…]

 

Tu es un peu plus proche avec ton père ou pas ?

Hum non, moi ce sont les deux. Ma sœur, plus de mon père, avec ma mère c’est un peu plus conflictuel.

Aimerais-tu adopter ou pas spécialement ?

Hum oui ça ne me dérangerait pas du tout mais ce qui m’embête ce sont les démarches. C’est une galère, ma tante avait essayé, c’était très compliqué. Elle veut adopter dans un pays européen et on lui propose des enfants d’au moins 7 ans souvent handicapés et donc là elle s’étend à un passé

Moi je n’aurais pas été contre l’adoption mais quand je vois les démarches limite il faudrait que je commence tout de suite. Ça met tellement de temps…

As-tu subi des moqueries ou chose comme ça à l’école ?

Non on ne m’a jamais rien dit qui puisse être blessant, je ne suis jamais rentrée de l’école en pleurant ou quoi.

Qu’est ce que tu voudrais faire passer comme message ?

Je pense qu’il ne faut pas faire de généralité avec l’adoption. Ma sœur et moi ça a été complètement différent, on l’a vécu complètement différemment. Etre adopté bébé ça fait aussi une grande différence.

 

 

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Une nouvelle fois, un énorme merci à Morwenna pour ses confidences et ce moment passé ensemble. J’ai adoré t’écouter et te poser tout plein de questions. Je comprends aujourd’hui que l’adoption est une histoire absolument unique pour chacun mais qu’il n’est souvent pas nécessaire d’en faire un sujet tabou. Je trouve aussi incroyable comme le pouvoir du destin peut changer facilement la vie entière de chacun.

Retrouvez bientôt l’histoire incroyable que Morwenna m’a racontée au sujet de sa sœur avec sa mère biologique. N’hésitez pas à me dire si cet article vous a plu, je l’espère beaucoup !

 

A très vite !

 

Sophie

 

 

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7 commentaires sur “Rencontres & Confidences: Morwenna adoptée au Guatemala

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